Le risque de maladie coronarienne chez les femmes est souvent sous estimé. EN dehors des facteurs de risque cardiovasculaires classiques, certains sont spécifiques aux femmes comme l’insuffisance ovarienne prématurée, le SOPK, l’infertilité, ou encore certaines complications pendant la grossesse.
L’endométriose est une maladie fréquente qui concerne environ 10% des femmes en âge de procréer et est définie par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus pouvant entraîner des douleurs et de l’infertilité. C’est une maladie chronique inflammatoire et estrogéno-dépendante.
Une méta-analyse récente a cherché à étudier l’association entre l’endométriose et les maladies cardiovasculaires ainsi que la mortalité. Douze études de cohorte ont finalement été retenues, dans les bases de données de MEDLINE et EMBASE et dix ont été incluses dans cette méta analyse, deux publications analysant les mêmes données. Le diagnostic d’endométriose pouvait être clinique, radiologique ou chirurgicale.
Le risque combiné de cinq études analysant le risque d’AVC associé à l’endométriose, était de 1,18 (IC à 95% : 1,13-1,22). Quatre études évaluaient le risque de maladie coronarienne ; OR combiné de 1,36 (IC à 95% : 1,32-1,40) et cinq études évaluaient le risque de maladie cardiovasculaire composite : OR combiné de 1,16 (IC à 95% : 1,12-1,20).
Concernant l’association entre endométriose et risque de mortalité, les résultats n’étaient pas significatifs ni pour la mortalité globale ni pour la mortalité cardiovasculaire spécifique, mais les études sont hétérogènes.
En prenant en compte seulement les études comportant un ajustement sur l’HTA, le diabète, les dyslipidémies et/ou l’IMC, les résultats étaient peu modifiés :
- risque d’AVC 1.15 (IC à 95 % : 1.08-1.23) : trois études
- risque de maladie coronarienne 1.44 (IC à 95% : 1.28-1.61) : deux études
- risque de maladie cardiovasculaires 1.18 (IC à 95% : 1.12-1.24) : deux études
Paradoxalement le risque de mortalité globale analysée à l’aide d’une seule étude ajustée était de 0.66 (IC à 95% : 0.59-0.74)
Au total, l’endométriose semble être associée à une augmentation significative du risque de maladies cardiovasculaires, notamment d’AVC et d'infarctus du myocarde. Cette association pourrait être liée à l’état inflammatoire chronique de l’endométriose à l’origine d’une dysfonction endothéliale des vaisseaux. Des études évoquent également un risque augmenté de dyslipidémie, d’HTA et de syndrome métabolique chez les patientes atteintes d’endométriose.
Il s’agit d’une méta-analyse d’études observationnelles sujettes à biais et ne comportant pas toujours les ajustements nécessaires.
Par ailleurs, le risque de mortalité est peu étudié et nécessite d’autres publications afin de comprendre plus globalement ces résultats. La diminution du risque, mais d’une seule étude, pourrait être expliquée par le meilleure suivi de ces femmes.
Une attention particulière devrait donc être porté aux femmes atteintes d’endométriose avec une évaluation répétée du risque cardiovasculaire, dans le cadre de la prévention primaire, comportant notamment : une prise de pression artérielle, la recherche de migraine avec aura, un bilan glucido lipidique, la mesure de l’IMC et la recherche d’antécédents familiaux cardio-vasculaires.
Cavadias I, Maitrot-Mantelet L, Perol S, et al. Risk of cardiovascular disease and mortality among women with endometriosis: A systematic review and meta-analysis. Acta Obstet Gynecol Scand. 2026;105:225-237. doi:10.1111/aogs.70104
