Contraception orale et endométriose

L’article de DONG-YUN LEE et coll. (Université de SEOUL, Corée du Sud) analyse l’administration d’un contraceptif oral en relais du traitement d’agonistes de la Lh-Rh sur les récidives post-opératoires d’endométriomes ovariens.

L’utilisation d’agonistes de la Lh-Rh après exérèse chirurgicale d’endométriomes ovariens fait encore débat et reste controversée, notamment du fait des effets secondaires de ces traitements, de la limitation dans la durée (inférieure à 6 mois) et de leur coût.

Cette étude rétrospective porte sur 362 patientes opérées d’endométriomes ovariens (stade III-IV de l’ASRM) entre 2000 et 2007, et ayant reçu pendant 3 à 6 mois une injection mensuelle d’agonistes de la Lh-Rh.

Dans un groupe (n = 175), un contraceptif oral cyclique mono-phasique low dose a été administré sur une durée moyenne de 35 mois (12 à 114 mois) ; comme dans le groupe témoin (n = 187), une surveillance de récidive d’endométriome a été effectuée par échographie pelvienne.

Les auteurs ont retrouvé 67 cas de récidive d’endométriome, soit 18,5 % dont 7 kystes endométriosiques bilatéraux. 37 patientes ont été réopérées, ce qui a confirmé le diagnostic de récidive d’endométriome.

Sur une période de 60 mois, les auteurs retrouvent un taux cumulé de récidive de 6 % dans le groupe traité par contraception orale vs 43 % dans le groupe témoin (p. 0,001).

Sur une période de surveillance de 30 mois, les auteurs retrouvent une proportion également élevée du taux de récidive : 5,1 % dans le groupe traité par contraceptif oral vs 17,1 % dans le groupe témoin.

L’étude ne retrouvait pas de différence significative dans les deux groupes entre la durée de traitement par analogues de Lh-Rh de 3 ou 6 mois.

Plusieurs études préalables (VERCELLINI 2009, SERACCHIOLI 2010) avaient déjà montré l’intérêt de l’usage d’un contraceptif oral après chirurgie d’endométriose ovarienne.

Cet effet bénéfique paraît limité dans le temps de la prise du contraceptif.

Une tolérance correcte, une utilisation prolongée et un coût faible en font, selon les auteurs, un traitement de choix dans la prévention des récidives d’endométriomes ovariens.

Les données de littérature retrouvent un taux de récidive de l’ordre de 11 à 24 % dans les deux ans qui suivent une chirurgie ovarienne, lorsqu’un traitement par agoniste de la Lh-Rh est administré en post-ératoire.

Y a-t-il un bénéfice à donner une contraception orale continue plutôt que cyclique ? NON selon l’étude de SERACCHIOLI (2010), ce qui semblerait montrer que la prévention de l’endométriose ne repose pas seulement sur la suppression du reflux menstruel, mais également sur la diminution de la prolifération cellulaire, l’augmentation de l’apoptose et l’inhibition de l’ovulation.

Critiques de l’article :

  • Les auteurs ne rapportent aucune donnée sur la taille ou le caractère bilatéral des lésions d’endométriose ovarienne ;
  • L’étude n’est pas randomisée ou prospective ;
  • Il aurait été intéressant de comparer dans la phase post-opératoire l’emploi des analogues de la Lh-Rh à celui d’un contraceptif oral isolé.

Cet article montre d’une part l’intérêt de l’emploi d’un contraceptif oral qui réduit de façon significative les récidives de l’endométriose ovarienne ; par ailleurs, la durée de l’administration en post-opératoire d’un analogue de la Lh-Rh peut être ramené à 3 mois au lieu de 6 mois en cas de prescription post-opératoire.

DONG-YUN LEE et Coll. – Human Reproduction Vol. 25, n°12 pp. 3050-3054, 2010 « Post-operative cyclic oral contraceptive use after gonadotrophin-releasing hormone agonist treatment effectively prevents endometrioma recurrence»

 
Les articles sont édités sous la seule responsabilité de leurs auteurs.
Les informations fournies sur www.gyneco-online.com sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation directe entre le patient (ou visiteur du site) et les professionnels de santé.