Quelles suites après une hystérectomie pour lésion intra épithéliale de haut grade persistante

Outcomes of Women Who Underwent Hysterectomy for Persistent Cervical Dysplasia

(J Low Genit Tract Dis 2026;30: 39–42)

L’équipe Irlandaise (Floyd et al. ) du Rotunda Hospital de DUBLIN présente une étude rétrospective concernant la prise en charge et le suivi de 53 patientes ayant eu une hystérectomie pour néoplasie intra-épithéliale cervicale (CIN) entre 2018 et 2023.

Les auteurs confirment tout d’abord la pertinence du traitement chirurgical définitif, avec un taux élevé de CIN résiduelle (68%) dans les pièces d'hystérectomie, y compris un cas d'adénocarcinome invasif. Ce taux élevé de maladie résiduelle justifie pour eux la décision d'une prise en charge chirurgicale face à l'échec des traitements d'excision multiples (moyenne de 2 conisations précédentes). Les facteurs de risque associés à la présence de lésions résiduelles sont le tabac (74% de fumeuses dans le groupe avec lésion résiduelle) et l’immunodépression (88% de patientes immunodéprimées dans le groupe avec lésion résiduelle), soulignant l'importance de ces facteurs dans la persistance de la maladie.

Le deuxième point étudié est la sécurité de l'approche mini-invasive : Malgré les difficultés techniques potentielles liées aux antécédents de conisations qui peuvent entraîner une sténose et des cicatrices cervicales72% des hystérectomies ont été réalisées par approche laparoscopique. Le taux de complications peropératoires significatives était faible (6%, toutes survenues lors de laparoscopie et gérées efficacement). La morbidité sévère postopératoire était rare seulement 6% des patientes dépassant le grade II de Clavien-Dindo  sur  21 % de complications au total.

En post opératoire, seulement 83% des patientes ont fait un un contrôle cyto\HPV à 6 mois, ne répondant pas à l'objectif national irlandais de 95%. La question du risque de lésion même après l'hystérectomie persiste, 45% des patientes testées avaient soit une infection persistante au VPH, soit une cytologie anormale. Aussi, 8% (n=4) des patientes ont développé une néoplasie intra-épithéliale vaginale (VaIN), sans que le délai ne soit précisé, ce qui confirme la nécessité impérative d'une surveillance post-hystérectomie structurée. Ce pourcentage est assez élevé, légèrement supérieur à ceux décrits dans la littérature les chiffres dans la littérature allant de 5 à 7 %. A noter que les perdues de vue dans le suivi pourraient potentiellement sous-estimer le taux réel de récidive ou de complications à long terme comme dans toutes les séries.

Les limites méthodologiques  de cette étude sont une petite taille d'échantillon (n=53), ce qui limite la puissance statistique et le non description détaillée du test évaluant la guérison qui a pu être modifié sur la période de 6 ans

Selon les auteurs de cette étude, l’hystérectomie est une stratégie assez justifiée pour le traitement de la lésion intra épithéliale de haut grade cervicale persistante ou récidivante (après 2 antécédents de conisation en moyenne), avec un taux élevé de maladie résiduelle (68%).

Cependant, les cliniciens doivent reconnaître et gérer le risque significatif et continu de néoplasie du tractus inférieur (VaIN) après la chirurgie. Des protocoles de suivi robustes et l'adhérence à la surveillance sont essentiels pour garantir des résultats optimaux pour ces patientes à haut risque.

Pour conclure, on rappelle que les recommandations actuelles sont de ne surtout pas faire d'hystérectomie si une conisation est encore faisable en raison du risque de récidive et des difficultés de suivi et surveillance ultérieure.

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