Les carcinomes neuroendocrines du col utérin sont des tumeurs rares, qui représentent 1 à 2 % des cancers cervicaux. Ces tumeurs sont plus agressives, associée à un risque élevé de dissémination précoce. Parmi les formes de haut grade, on distingue les carcinomes à petites cellules (plus fréquentes) et à grandes cellules. Certaines tumeurs peuvent être mixtes, c’est-à-dire associées à d’autres types histologiques (adénocarcinome, carcinome épidermoïde).
Les patientes sont en moyenne plus jeunes, autour de 40 ans (avec cependant des extrêmes de 22 à 85 ans dans la littérature). Une association à un HPV à haut risque est fréquente ; il est retrouvé dans 85% des CNE à petites cellules et dans 88% des CNE à grandes cellules. L’HPV18 est le plus fréquemment retrouvé, contrairement aux carcinomes épidermoïdes où l’HPV16 est plus fréquent.
Le diagnostic repose sur la morphologie et un panel immunohistochimique. Les principaux marqueurs sont
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La synaptophysine, marqueur neuroendocrine sensible
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La chromogranine A, marqueur neuroendocrine classique mais son expression peut être focale ou absente.
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CD56 : souvent positif mais peu spécifique
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INSM1 : marqueur nucléaire, utile notamment lorsque les marqueurs conventionnels sont peu exprimés.
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Le Ki67 permet de documenter l’activité mitotique
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Une expression en bloc de p16 est fréquente dans les tumeurs associées au HPV.
Le bilan doit être rapide et complet, en raison du risque de métastases précoces. Il est recommandé de réaliser un TEPscanner quasi systématiquement et une IRM cérébrale (sauf stade très précoce).
Une stadification ganglionnaire rigoureuse est indispensable. Dans la cohorte NeCTuR de 453 patientes (Salvo et al. 2023), l’atteinte ganglionnaire était de :
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19% pour les tumeurs de moins de 2cm (jusqu’à IB1)
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37% pour les tumeurs de 2-4cm (IB2)
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61% pour les tumeurs > 4cm
Les données thérapeutiques sont dominées par des études rétrospectives ; aucun essai randomisé de grande ampleur ne permet de trancher les principales controverses. La stratégie associe généralement un traitement systémique à base de platine–étoposide et un traitement locorégional adapté au stade.
La prise en charge thérapeutique est très débattue. Dans la série NeCTuR, le traitement des stades précoces repose sur une chirurgie radicale, hystérectomie élargie avec stadification ganglionnaire. La procédure du ganglion sentinelle seul n’est pas validé pour ce type de tumeur mais peut être associé pour un ultrastaging. La chirurgie est suivie d’une chimiothérapie adjuvante à base de platine–étoposide. Du fait du risque métastatique élevé, d’autres séries présentent une prise en charge débutant par une chimiothérapie première suivie du traitement localisé, chirurgie plus ou moins précédée de radiothérapie curiethérapie. Autant le bénéfice du traitement systémique apparait comme central ; autant l’apport de la radiothérapie est moins clair, d’autant plus en adjuvant après chirurgie élargie chez une patiente N0 et sans résidu.
Les taux de récidive/progression rapportés étaient de 43 %, 69 % et 80 % respectivement pour les groupes précoce, localement avancé et métastatique. La surveillance doit donc être rapprochée ; il n’existe pas de recommandations établies concernant le rythme et les modalités de surveillance. Un examen clinique régulier ainsi qu’une surveillance par IRM pelvienne et TEPscanner est généralement effectuée.
Ces décisions thérapeutiques sont complexes et doivent être validées en RCP expertes.
Bibliographie
1. Salvo G, Meyer LA, Gonzales NR, Frumovitz M, Hillman RT. Neuroendocrine cervical carcinomas: genomic insights, controversies in treatment strategies, and future directions: a NeCTuR study. Int J Gynecol Cancer. 2025;35(3):101639. doi:10.1016/j.ijgc.2025.101639.
2. Salvo G, et al. Clinicopathologic characteristics, oncologic outcomes, and prognostic factors in neuroendocrine cervical carcinoma: a NeCTuR study. Int J Gynecol Cancer. 2023;33:1359–1369. doi:10.1136/ijgc-2023-004708.
3. Frumovitz M, et al. Combination therapy with topotecan, paclitaxel, and bevacizumab improves progression-free survival in recurrent high-grade neuroendocrine cervical cancer: a NeCTuR study. Am J Obstet Gynecol. 2023;228:445.e1–445.e8.
4. NeCTuR study on adjuvant pelvic radiation after radical surgery for early-stage neuroendocrine cervical carcinoma with negative nodes and no residual disease.
