Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est le traitement le plus efficace pour la prise en charge des bouffées vaso-motrices (BVM) et autres symptômes climatériques, mais son utilisation est limitée chez les patientes ayant des contre-indications à l’estrogénothérapie.
L’objectif de cet article publié en 2026 dans le BJOG est d’effectuer une revue exhaustive des indications, de l’efficacité et des limites de l’utilisation de la progestérone ou des progestatifs en monothérapie comme traitement hormonal de la ménopause.
Les progestatifs représentent une classe médicamenteuse hétérogène sur le plan structurel et pharmacologique, leur conférant des effets et un profil de sécurité variables. Cette revue analyse l’ensemble des progestatifs mais dont la plupart ne sont pas disponibles en monothérapie en France.
La progestérone micronisée a une structure chimique identique à la progestérone endogène et agit de façon sélective sur les récepteurs de la progestérone. Elle a également une action sur le système nerveux central via des métabolites neuroactifs comme l’alloprégnénolone.
Les progestatifs Pregnane, dérivés de la progestérone, incluent notamment l’acétate de médroxyprogestérone par voie orale ou injectable et l’acétate de mégestrol. Ils exercent des effets progestatifs mais se lient également aux récepteurs des glucocorticoïdes.
L’acétate de noréthistérone, un progestatif dérivé de la 19-nortestostérone, a une activité androgénique et estrogénique partielle du fait de sa conversion en éthinylestradiol au niveau hépatique. En dépit de son action sur les récepteurs des estrogènes, l’acétate de noréthistérone est un puissant antagoniste au niveau endométrial.
Après recherche dans les bases de données Ovid Medline, Embase, PubMed et ClinicalTrials.gov, 18 études ont été incluses dans la revue. Il s’agissait d’essais contrôlés randomisés ou d’études de cohorte évaluant la progestérone ou les progestatifs en monothérapie pendant la période de péri-ménopause ou ménopause sur les symptômes vasomoteurs. Les études portant sur le THM combiné, dans des populations de patientes non ménopausées, ou instauré pour d’autres indications que les BVM, ont été exclues.
Tout d’abord, les auteurs de cette revue se sont intéressés à l’efficacité des progestatifs en monothérapie sur les BVM.
SI les auteurs ont revu l’efficacité des études analysant les progestatifs suivants (acétate de médroxyprogestérone , acétate de mégestrol) montrant un effet bénéfique sur les VMS, nous ne les détaillerons pas compte tenu de la non disponibilité en France de ces molécules.
Concernant la progestérone :
Effet sur les BVM :
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deux essais contrôlés randomisés ont analysé l’efficacité de la progestérone micronisée versus placebo dans les BVM. Dans l’étude de Hitchock et al. (2012), 133 femmes ménopausées de 44 à 62 ans ayant des BVM modérées à sévères ont été randomisées pour recevoir 300 mg de progestérone micronisée le soir ou des comprimés placebo. A 12 semaines, une amélioration significative du score VMS (fréquence x sévérité des BVM diurnes + fréquence x sévérité des BVM nocturnes) a été mise en évidence dans le groupe progestérone micronisée par rapport au groupe placebo (différence de moyenne ajustée : −4.3, IC 95% −6.6 - −1.9, p < 0.05). L’étude de Prior et al. (2023) a inclus 189 patientes âgées de 35 à 58 ans, en périménopause. Après 3 mois de traitement, il n’y avait pas de différence significative sur le score VMS entre le groupe progestérone micronisée et le groupe contrôle. En revanche, il y avait une amélioration significative de certains critères de jugement secondaires telles que la fréquence et l’intensité des sueurs nocturnes, l’intensité des BVM diurnes, la qualité de sommeil et l’impact perçu de la périménopause sur la vie quotidienne.
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Enfin, trois études contrôlées randomisées en double aveugle se sont intéressées à l’efficacité de la progestérone par voie transdermique en crème versus placebo sur les BVM. Une étude a mis en évidence une réduction significative des BVM de 83% dans le groupe progestérone versus 19% dans le groupe placebo (p < 0.001). Les deux autres études n’ont pas retrouvé d’effet significatif.
Effet sur le sommeil :
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Des études ont en effet montré une amélioration des troubles du sommeil chez les patientes traitées par THM combiné contenant de la progestérone micronisée en comparaison à des estrogènes seuls. Les deux premières études citées dans cette revue évaluant l’effet de la progestérone micronisée versus placebo sur les symptômes vasomoteurs ont également rapporté une amélioration significative de la qualité de sommeil des patientes. Les progestatifs de synthèse comme l’acétate de médroxyprogestérone et l’acétate de mégestrol n’ont en revanche pas démontré d’efficacité sur les troubles du sommeil, suggérant que seule la progestérone micronisée aurait un effet bénéfique.
Effet sur la densité osseuse :
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Enfin, concernant l’impact osseux de la progestérone, les données des essais randomisés ci-dessus n’ont pas publié cet effet.
Au Total, la progestérone micronisée représente une alternative intéressante chez les femmes ayant une contre-indication à l’estrogénothérapie souffrant de symptômes vasomoteurs et de troubles du sommeil.
Thomas C, Carere O, Clarfield L, Jacobson M. Indications and Efficacy of Progestogen-Monotherapy as Menopause Hormone Therapy: A Narrative Review. BJOG. 2026 Jun 25. doi: 10.1111/1471-0528.70292.
