Contraception et risque cardiovasculaire : Plus de 40% des prescriptions de contraception oestroprogestative sont contre-indiquées

Depuis septembre 2021, à l’initiative de la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes créée avec Thierry Drilhon dirigeant d’entreprises, les gynécologues, partout en France et en outremer, participent aux dépistages du Bus du Cœur des Femmes et des Journées du Cœur des femmes. L’entretien gynécologique, réalisé en toute confidentialité, permet aux femmes, qui en ont le plus besoin, de reprendre un suivi gynécologique. Une femme sur 3 dépistée sera ensuite réadressée en consultation gynécologique.

L’ensemble des données de dépistage sont enregistrées dans un registre : l’Observatoire National de la Santé des Femmes, hébergée au CHU de Lille. Il porte sur l’analyse des 15 000 dossiers médicaux issus des dépistages du Bus du Cœur des Femmes à date de fin juin 2025. Il offre une ressource unique en son genre pour dresser un état des lieux de la santé cardiovasculaire et gynécologique des Françaises. Un travail de thèse de gynécologie médicale (Dr Camille Artru) sous la direction du Pr Geneviève Plu-Bureau, présidente du conseil scientifique d’Agir pour le Cœur des Femme et chef de service de gynécologie médicale à Port Royal à Paris,  révèle que plus de 40 % des contraceptions oestroprogestatives prescrites sont inadaptées chez les femmes cumulant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires (dont l’hypertension artérielle, l’obésité, le surpoids , l’hérédité…). Ainsi la communication de ces résultats majeurs auprès du grand public mais aussi auprès des médecins a pour objectifs de sensibiliser, d’alerter et d’agir en martelant les contres indications formelles de la contraception oestro-progestative, encore insuffisamment connues des médecins et des femmes elles même. L’enjeu en termes de prévention est de taille : il n’est pas acceptable aujourd’hui de mourir d’une embolie pulmonaire massive, d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral parce que la contraception est inadaptée.

Alors prenez le temps de lire cet article et de le partager largement autour de vous tels des colibris d’une prévention en actions qui fait l’ADN de notre fondation Agir pour le Cœur des Femmes.

 

Alerte Agir pour le Coeur des Femmes

À l’occasion de la Journée mondiale du Coeur le 29 septembre prochain, la fondation Agir pour le Coeur des Femmes révèle que plus de 40 % des contraceptions oestroprogestatives prescrites sont inadaptées chez les femmes cumulant de nombreux facteurs de risques cardiovasculaires. Il n’est pas acceptable aujourd’hui de mourir d’une embolie pulmonaire massive, d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral parce que la contraception est inadaptée.

Cette donnée alarmante est extraite de l’Observatoire National de la Santé des Femmes (ONSF). Démarré en 2021, il porte sur l’analyse des 15 000 dossiers médicaux issus des dépistages du Bus du Coeur des Femmes. Il offre une ressource unique en son genre pour dresser un état des lieux de la santé cardiovasculaire et gynécologique des Françaises.

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■ Contraception inadaptée et sur-risque cardiovasculaire

Alors que 200 femmes meurent chaque jour en France d’une maladie cardiovasculaire, l’Observatoire constate que dans une population féminine à haut risque, entre 40 et 60% des prescriptions de contraception oestroprogestative, associant un oestrogène de synthèse et un progestatif (contraception dite combinée), sont inadaptées.

  • 14 652 dossiers médicaux
  • 12 948 dossiers exclus¹
  • 1 062 dossiers étudiés²
  • 38,9 ans d’âge moyen
  • Prescription inadaptée pour 40,7 % d’entre elles sur les seuls facteurs de risque cardiovasculaires
  • Prescription inadaptée pour 59,8 % d’entre elles sur les facteurs de risques cardiovasculaires et les antécédents cardiovasculaires familiaux au 1er degré (sans tenir compte de l’âge de survenue de l’évènement cardiovasculaire)

1 pas de contraception
2 femmes entre 15 et 55 ans dont le type de contraception était renseigné

« En France, toutes les femmes ont la possibilité d’avoir une consultation longue remboursée par l’Assurance Maladie avec leur médecin traitant ou leur gynécologue lors de la prescription de la première contraception. C’est l’occasion de faire un point sur les éventuels facteurs de risque cardiovasculaire et rechercher les contre-indications. Ensuite lors de chaque renouvellement, il est important de vérifier l’absence d’apparition de contre-indications cardiovasculaires. »

rappelle le Pr Claire Mounier-Véhier, cofondatrice d’Agir pour le Coeur des Femmes, cardiologue et médecin vasculaire au CHU de Lille.


 

Les facteurs de risque les plus fréquents relevés dans cette cohorte à haut risque cardiovasculaire sont l’hypertension, les antécédents cardiovasculaires familiaux au 1er degré, la combinaison âge (+35 ans) et tabac ou obésité.

« Les données de l’Observatoire National de la Santé des Femmes le confirment : les prescriptions inadaptées sont un enjeu de santé publique majeur nécessitant de renforcer la formation des professionnels de santé sur les contre-indications de la contraception estroprogestative (comprimé ou pilule, anneau vaginal, patch cutané). Il est aussi nécessaire d’informer les femmes sur les différents modes de contraception et leurs éventuelles contre-indications. »

Pr Geneviève Plu-Bureau
Présidente du Conseil Scientifique d’Agir pour le Coeur des Femmes, gynécologue et épidémiologiste à l’Hôpital Cochin-Port-Royal à Paris

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■ Toutes concernées par les maladies cardiovasculaires

Les dossiers médicaux analysés dans le cadre de l’Observatoire National de la Santé des Femmes concernent des femmes âgées de 15 à 85 ans. L’âge médian se situe à 57 ans, avec un pic de participation entre 55 et 69 ans soit la tranche population prioritaire pour le dépistage.

Un constat alarmant

  • 9 femmes sur 10 présentent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire
  • 1 femme sur 2 cumule en plus deux facteurs gynéco-obstétricaux
  • Près de 2/3 des femmes présentent des symptômes d’alerte cardiovasculaire (palpitation, essoufflement, douleur thoracique, malaise …)
  • 6 femmes sur 10 sont en surpoids ou obèses
  • 1 femme sur 8 présente une anomalie à l’ECG (trouble du rythme ou de la conduction, séquelle d’infarctus du myocarde, hypertrophie du ventricule gauche...)
  • 4 femmes sur 10 présentent une anomalie au doppler des troncs supra aortiques, et/ou de l’aorte abdominale et des artères des membres inférieurs (plaques de cholestérol ou sténose athéromateuse)


 

Une prise en charge qui n’est pas à la hauteur du risque encouru par les femmes

  • 8 femmes sur 10 n’ont pas de suivi cardiovasculaire alors que 36 % d’entre elles ont déjà fait un accident cardio-vasculaire
  • 4 femmes sur 10 n’ont pas ou plus de suivi gynécologique et cela concerne principalement les jeunes femmes de moins de 25 ans ou celles de plus de 65 ans
  • 1 femme sur 3 qui participe au dépistage nécessite un suivi structuré cardiovasculaire ou gynécologique
  • 1 femme sur 2 a des chiffres tensionnels élevés, et seulement 1 sur 5 est traitée.

Les facteurs socio-psychologiques qui aggravent le risque cardiovasculaire

  • 1 femme sur 5 affirme être victime de violences morales ou physique (1/4 en 2025) lors de l’entretien confidentiel avec la gynécologue ou la sage-femme.
  • 66,2% des femmes rapportent un excès de stress et/ou avoir eu une dépression traitée.
  • 42 % des femmes dépistées sont en situation de précarité (Score Épices Simplifié)
  • Un suivi divisé par 2 La vulnérabilité sociale engendre une chute du suivi gynécologique de 50 % pour les plus précaires (score Epices de 7 à 11)

La prise en charge des femmes doit être globale et ne pas se limiter au seul risque biologique. Consultez le communiqué dédié au lien santé cardiovasculaire / santé mentale ICI.

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« Cette nouvelle édition de l’ONSF vient illustrer une triste réalité : chaque année en France, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à mourir d’une maladie cardiovasculaire. Les raisons de cette inégalité sont clairement établies : des facteurs de risque présents et pourtant ignorés, des déficits de prise en charge, une sensibilisation qui doit encore faire du chemin, tant auprès des femmes que des professionnels de santé. Dans cette population de femmes à haut risque cardiovasculaire, le Bus du Coeur des Femmes et les Journées du Coeur des Femmes, constituent des opportunités indispensables pour réduire la perte de chance face à la maladie. »

Pr Claire Mounier-Véhier
cofondatrice d’Agir pour le Coeur des Femmes,
cardiologue et médecin vasculaire au CHU de Lille


 

« L’intégration des paramètres psychologiques et sociaux à l’ONSF permettent aujourd’hui d’établir scientifiquement une réalité encore trop ignorée. Les maladies cardiovasculaires chez les femmes ne sont pas uniquement un sujet médical, elles relèvent d’un enjeu sociétal de grande ampleur. Le risque cardiovasculaire au féminin ne peut être dissocié du contexte psycho-social, à la fois pour la prévention mais aussi pour la prise en charge. C’est un travail collectif, entamé il y a 6 ans, qui commence à porter ses fruits : professionnels de santé, institutionnels, élus nationaux ou territoriaux, dirigeants d’entreprises, grand public… toutes et tous unis pour faire reculer les maladies cardiovasculaires au quotidien. »

Thierry Drilhon
cofondateur d’Agir pour le Coeur des Femmes et dirigeant d’entreprises, ancien dirigeant de Microsoft France, Cisco Corp. et Euromedia Group

L’Observatoire National de la Santé des Femmes est produit par Agir pour le Coeur des Femmes en partenariat avec les équipes médicales et biostatistiques du CHU de Lille, coordonnées par Patrick Devos, biostatisticien. Il fait régulièrement l’objet de publications scientifiques.
Retrouvez les dernières publications :

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2542451323001396

https://www.medecinesciences.org/fr/articles/medsci/abs/2025/12/medsci20250046/medsci20250046.html

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À propos d’Agir pour le Coeur des Femmes

Agir pour le Coeur des Femmes est devenue en 6 ans une Fondation incontournable dans la prévention des maladies cardiovasculaires des femmes. Unique structure en France dédiée au repérage, à la sensibilisation et à la pédagogie autour de ces pathologies, elle déploie dans les territoires de nombreuses opérations de prévention en actions : Bus du Coeur des Femmes, Journées du Coeur des Femmes, Journées du Coeur des Femmes en Entreprise. Elles ont déjà permis de dépister plus de 25 000 femmes et de les réintégrer dans un parcours de soins.

Agir pour le Coeur des Femmes regroupe une communauté de près de 6 000 professionnels de santé, sur tout le territoire, de toutes les disciplines, qu’elle forme aux spécificités du risque cardiovasculaire et gynécologique. Elle développe un programme scientifique innovant, à travers un Observatoire National de la Santé des Femmes et des projets de recherche clinique appliquée à la prévention. Elle multiplie les actions de sensibilisation et les interventions, qu’elles soient médiatiques ou auprès des institutions.

La Fondation Alerte, Anticipe et Agit pour faire reculer les maladies cardiovasculaires des femmes en France.

La Fondation Agir pour le Coeur des Femmes bénéficie du soutien de grands mécènes et
de la générosité du public.

Contact presse : Alexandre Borreil - 06 76 32 27 60 - aborreil@aya-communication.fr

 
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