Les synéchies découvertes dans le cadre d’une infertilité ou plus embêtantes car survenues après une (HO) hystéroscopie opératoire (et donc d’une certaine façon iatrogène) doivent être prises en charge par des « hystéroscopistes » chevronnés en raison de la difficulté de leur stratégie chirurgicale (en l’absence parfois de repères anatomiques fiables intra-cavitaires) et du risque de récidive.
La prévention de celles-ci ou la survenue de synéchie iatrogène après HO repose sur la mise en place de barrières : certains ont proposé la pose d’un stérilet dont le retrait serait sensé libérer les ré accolements, d’autres un traitement oestrogénique sensé favoriser la « repousse endométriale ».
Plus récemment la mise en place de gel intra cavitaire biodégradable a paru emporter l’adhésion de la plupart des opérateurs. Néanmoins la durée de la persistance de la séparation mécanique apportée par le gel est parfois variable en fonction de la nature de celui-ci.
L’étude rapportée ici est une étude multicentrique randomisée et prospective portant sur 150 patientes (dont 102 patentes bénéficiant d’une HO pour synéchie & 48 pour une HO pour Myome). Le gel utilisé est un polymère (Juveena hydrogel System) qui est sensé persister pendant 2 à 3 semaines. Un contrôle hystéroscopique est réalisé à 8 semaines en post-opératoire.
Les résultats globaux montrent une absence de synéchie résiduelle de 68.7% dans le groupe hydrogel vs. 51.4% dans le groupe témoin (p=0.017). Dans le groupe pris en charge initialement pour synéchies, le contrôle hystéroscopique retrouve à 8 semaines, l’absence de synéchie résiduelle dans 60,3% pour le groupe gel versus 32.3% groupe témoin mais surtout en cas de synéchie résiduelle le taux de synéchies sévères était de 6.3% dans le groupe gel versus 32.3% dans le groupe témoin (OR 4.2 95% CI 1.68-10.51 p=0.002). Dans le groupe HO myome le taux de synéchie iatrogène était de 16.7% dans le groupe gel versus 21.4% dans le groupe témoin (p=0.7) différence donc non significative mais le nombre de cas inclus était très faible (n= 48).
Cette étude confirme bien l’ensemble des études antérieures et montre que l’utilisation d’un gel barrière protège partiellement mais significativement de la survenue ou de la persistance de synéchies après HO. Il nous rappelle d’autre part que la prise en charge de synéchies est un geste difficile avec un taux de persistance partielle ou sévère que n’est pas négligeable qui nécessite donc une expérience (dextérité) hystéroscopique préalable. De même la réalisation d’une HO pour Myome chez une femme jeune désireuse de préserver sa fertilité demande une attention particulière à la préservation d’une anatomie endométriale afin d’éviter une synéchie (dès lors iatrogène) par le soin à apporter lors des gestes per-opératoires sur l’endomètre adjacent (éviter les coagulations intempestives) et surtout la nécessité d’envisager un contrôle hystéroscopique en consultation 4 à 8 semaines après les procédures d’hystéroscopies opératoires afin de contrôler voire libérer un éventuel ré accolement.
Fertil Steril 2026 Jul 23:S0015-0282(26)00571-6.
Safety and effectiveness of an in situ-forming hydrogel barrier in preventing intrauterine adhesions after adhesiogenic hysteroscopic procedures: a multicenter, randomized, controlled trial
Christina A Salazar 1, Scott G Chudnoff 2, Kelly H Roy 3, Heather G Huddleston 4, Bala Bhagavath 5, Peter R Movilla 6, Pietro Bortoletto 7, David A Grainger 8, Charles E Miller 9, Rebecca Flyckt 10, Craig J Sobolewski 11, Nathan Livers 12, James K Robinson 3rd 13, Vadim V Morozov 14, Erica F Robinson 15, Ian B Feldberg 16, Annette M Fagnant 17, Malcolm G Munro 18
