Contraception hormonale et risque de méningiome

Le méningiome est la tumeur non gliale du système nerveux central la plus fréquente chez l'adulte. Il se développe aux dépens des méninges et est bénin dans 90% des cas, et son incidence est plus élevée chez les femmes (sex ration de 3/1) suggèrant l’implication d’un rôle hormonal. En effet, jusqu'à 87% de ces tumeurs expriment des récepteurs de la progestérone. 

L’European Medicine Agency avait déjà signalé un risque augmenté de méningiome avec l’acétate de cyprotérone, l’acétate de nomégestrol, l’acétate de chlormadinone et la médroxyprogestérone. 

L’étude danoise (Contraceptive progestogens and incident meningioma) vise à étudier si les différents types de progestatifs utilisés comme contraception hormonale (soit combinés soit  utilisés seuls) sont associés à un risque augmenté de méningiome, en tenant compte du délai depuis l'exposition et de la durée d'utilisation. 

Il s’agit d’une étude cas-témoins nichée dans une cohorte menée sur les registres nationaux danois de 2000 à 2024, incluant 3 millions de femmes âgées de 15 à 59 ans. Après exclusion de certaines femmes : utilisation d’un traitement hormonal de ménopause antérieur, par antiandrogènes ou gonadotrophines, antécédent d’un cancer ou immigration récente, 1473 cas de méningiome ont été appariés à 14 717 témoins (ratio 1:10) selon l'âge, le lieu de naissance et le statut marital. 

Le risque de méningiome était augmenté et significatif pour les contraceptions suivantes :

Odd ratio des contraceptions combinées : 

 ● EE+ Désogestrel  : 1.66 (1.31-2.10), 

● EE+ Cyprotérone  : 1.61 (1.00-2.59), 

● EE + Drospirénone  :  1.58 (1.05-2.37), 

● EE + Gestodène  OR 1.44 (1.17-1.77), 

● EE + Lévonorgestrel  OR 1.40 (1.12-1.76) 

Concernant les contraceptions associant noréthistérone et norgestimate, les Odd ratios n’étaient pas significatifs . 

Odd ratio des contraceptions progestatives seules : 

● Injection de médroxyprogestérone : 4.55 (2.19-9.45), 

● Désogestrel  :1.73 (1.17-2.56)

  • DIU lévonorgestrel haute dose (52 mg) :  1.58 (1.28-1.94), 

Le risque de méningiome asssocié au  DIU au lévonorgetsrel petites doses (19.5 ou 13.5 mg)  n’est pas significatif (11 cas seulement de méningiome)

L'analyse de la durée d'utilisation des contraceptifs hormonaux a donné des résultats variables selon les différents types de contraceptifs, probablement en raison d'autres facteurs comme le délai depuis la fin de l’exposition. Ainsi, la durée d’utilisation n’a été analysée que pour les utilisatrices actuelles afin d'éviter ce biais. Les résultats suggèrent que le risque augmente avec la durée d'utilisation sans augmentation du risque pour une utilisation de moins d'un an. Cependant, l’analyse de la durée d'utilisation est difficile pour certains progestatifs du fait d’un manque de puissance statistique. 

L'exposition récente aux progestatifs (exposition actuelle ou moins d'un an depuis la fin de l’exposition) était systématiquement associée au risque le plus élevé et le risque disparaissait généralement 5 ans après l'arrêt du traitement. 

Quatre analyses de sensibilité (ajustement sur la parité, inclusion des femmes ayant uniquement utilisé un type de contraception sur les dernières années, inclusion seule des femmes préménopausiques (15-49 ans), méningiomes intracrâniens uniquement) ont confirmé la cohérence des résultats principaux. 

Pour observer un cas de méningiome, le nombre de femmes utilisatrices variait considérablement avec l’âge.  Ainsi entre 15 et 19 ans , au moins  2, 5 millions de femmes étaient nécessaire pour observer un cas supplémentaire de méningiome (en dehors de l’acétate de médroxyprogestrone) alors qu’en 45 et 49 ans le nombre de femmes utilisatrices était forcément beaucoup plus faible (aux alentours de 20 000 à 30 000). 

Au total :

L’utilisation récente de contraceptions combinées assocaint  cyproterone, desogestrel, drospirenone, gestodene et lévonorgestrel est associée à une augmentation modérée du risque de méningiome. 

Le Désogestrel comme pilule progestative seule est associé également à une augmentation modérée du risque de méningiome. 

L’augmentation importante du risque de méningiome avec les injections de medroxyprogesterone est confirmée dans cette étude. 

Ces résultats sont à confronter aux résultats d’études déjà publiées. Ainsi, des méta-analyses récentes ne montraient pas d’augmentation de risque associée à l’utilisation des COP. Il est cependant intéressant de détailler le type de progestatif combiné dans ces contraceptions dont l’analyse n’est pas toujours effectuée dans les études précédentes. 

Il faut aussi noter que ces analyses basées sur les registres ne tiennent pas compte des facteurs de risque de méningiome. 

Par ailleurs l’incidence des méningiomes est rare aux âges d’utilisation des contraceptions hormonales (au moins avant 35 ans), comme en témoigne le nombre d’utilisatrices nécessaire pour voir apparaitre un cas supplémentaire de méningiome. 

Ce risque faible est donc à prendre en compte dans l’évaluation globale de la balance bénéfice-risque de la contraception choisie.

Référence : Hasselblad Lundstrøm N, Hjorslev Knudgaard M, Skaarup Pedersen M, Schougaard Christiansen ML, Wessel Skovlund C. Contraceptive Progestogens and Incident Meningioma. JAMA Netw Open. 2026 Jul 1;9(7):e2622603. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2026.22603. 

 
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