Étude EPI-PHARE sur l’utilisation du traitement hormonal de la ménopause en France entre 2012 et 2025 à partir des données du Système National des Données de Santé

Le rapport de EPI-PHARE concernant l’évolution de l’utilisation du THM en France sur 13 ans a été publié le 25 juin 2026. Il utilise le Système National des Données de Santé (SNDS) et en particulier toutes les données de remboursement de l’assurance-maladie, notamment celles provenant du traitement des remboursements médicaux, des soins de santé et des établissements de santé.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM)) est proposé en absence de contre-indication pour gérer les symptômes, parfois invalidants, du climatère mais aussi en prévention de l’ostéoporose chez les femmes à risque. Il était jadis largement prescrit en raison de sa grande efficacité sur les symptômes de ménopause.

En 2002, la très médiatique étude WHI a mis en avant les risques du THM dans les domaines cardiovasculaire, veineux et carcinologique. Ces résultats, bien que critiquables, ont créé une peur des hormones chez les femmes mais aussi chez les praticiens. Ainsi, les prescriptions ont drastiquement chuté laissant de nombreuses femmes ménopausées sans solution thérapeutique puisque le THM reste, à ce jour, la solution la plus efficace pour gérer les symptômes du climatère.

Par la suite, d’autres données ont permis de tempérer largement les risque et de remettre en avant les bénéfices. L’évaluation de la balance bénéfice-risque pour chaque femme initialement puis au cours du suivi, au minimum annuel, est devenue un élément fondamental de la prise en charge des femmes ménopausées.

Ainsi, en 2021, le CNGOF et le GEMVI (désormais Société Française de Ménopause) ont émis des recommandations permettant de préciser la place du THM dans la prise en charge des femmes ménopausées. Le THM ne peut être prescrit qu’en l’absence de contre-indication, chez les femmes avant 60 ans, avec un délai de ménopause de moins de 10 ans et ayant une balance bénéfice-risque positive. L’estradiol est la molécule estrogénique de référence et son utilisation par voie extra-digestive doit être privilégiée. L’association à la progestérone naturelle ou son équivalent la dydrogestérone est obligatoire, avec des doses et durées suffisantes, chez les femmes ayant toujours l’utérus.

L’étude EPI-PHARE s’est attachée à observer les délivrances de THM entre 2012 et 2025 chez des femmes de 40 à 70 ans. Les caractéristiques sociales, démographiques et médicales des femmes débutant un THM en 2024 ont pu être comparées aux caractéristiques de la population générale, puisque chaque femme a été à appareillée à une à trois femmes non utilisatrices en fonction de l’année de naissance.

En 2025, 2,5 % des femmes de plus de 40 ans et 4,4 % des femmes de 45 à 60 ans utilisaient un THM. Alors qu’on constatait une diminution de 46 % chez les femmes de 45 à 60 ans entre 2012 et 2022, une augmentation de 24 % entre 2022 et 2025 était notée.

En 2025, il y a eu 102 397 initiations de THM, dont 81,5 % chez les femmes de 45 à 60 ans. La moyenne d’âge à l’initiation était de 52 ans, ce qui correspond à l’âge moyen de la ménopause en France. Chez les femmes âgées de 45 à 65, entre 2012 et 2020, une chute de près de 50 % d’initiation était mentionnée avec un retour au niveau de 2012 retrouvé en 2025.

Le profil des femmes qui démarraient un THM en 2024 apparaissait particulier avec un niveau socio-économique plus élevé, un recours aux soins plus important notamment plus de consultations chez le gynécologue : 72% d’entre elles avaient profité d’une consultation auprès d’un spécialiste dans les 2 années précédentes contre 36% chez celles sans THM. Les femmes débutant un traitement étaient en meilleure santé avec moins de comorbidités, moins de pathologies cardiovasculaires ou carcinologiques. Une disparité territoriale était également observée avec plus d’initiation dans le sud de la France, l’Ile de France et le nord et moins dans le centre, l’ouest et les DROM.

En 2024, le THM prescrit principalement chez les 45-60 ans associait un estrogène à une molécule progestative. La voix extra-digestive des estrogènes était utilisée chez 86,5 % de ces femmes et la progestérone naturelle ou la dydrogestérone chez 90 % collant aux recommandations nationales. 51% des initiations étaient du fait d’un gynécologue libéral et 25% d’un généraliste. Les femmes traitées par voie orale étaient plus jeunes, d’une catégorie socio-économique moins favorisée et avaient plus de facteurs de risque cardiovasculaire. De plus, lorsque l’estrogénothérapie était per os, elle était plus volontiers associée à un progestatif de synthèse et la prescription provenait plus souvent d'un généraliste. La durée du THM moyenne était de 2,9 ans (+/- 3ans). Par ailleurs, un nombre particulièrement élevé de femmes utilisait un estrogène seul sans correspondance avec le nombre d’hystérectomies pouvant laisser supposer un mésusage du THM.

Néanmoins, du fait du modèle de l’étude, le statut ménopausique des femmes initiant le THM n’est pas connu ni les indications de sa mise en route. De même, la durée d’utilisation, les éventuelles reprises et interruptions ainsi que les schémas des THM ne peuvent être précisés.

Les initiations de THM augmentent donc progressivement depuis 2020, principalement chez les femmes de 45 à 60 ans. Le niveau global d’utilisation reste cependant très faible puisqu’il est à 4,4 % dans cette tranche d’âge. Les prescripteurs semblent devenus plus prudents en utilisant surtout des estrogènes par voie extra-digestive et de la progestérone naturelle tels que recommandés par les différentes sociétés savantes.

 

Télécharger l'étude EPI-PHARE sur le THM
 

 

 

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