Bilan des séquelles de l’accouchement : rôle du kinésithérapeute

Joëlle SOUFFIRJoëlle SOUFFIR

Il n’est plus question aujourd’hui que les séquelles de l’accouchement signifient une simple rééducation abdominale.

L’ « existence » du plancher pelvien, sa grande victime, ainsi que sa protection ont pris une telle importance sociétale, qu’il est mis à toutes les sauces !

Les défenseurs de la forme, sous toutes ses …formes, appelés aujourd’hui « coaches », le citent à tout propos, se défaussant ainsi de la moindre responsabilité qui pourrait leur incomber sur certains dégâts et évoquent un savoir que, malheureusement, souvent, ils n’ont pas !

« Serrez madame » est devenu une injonction nécessaire, et souvent pas suffisante.

Essayons d’y voir plus clair, et d’abord de quoi parle-t-on ?

D’une région du corps méconnue et bien malmenée par la maternité dans sa globalité et pas seulement par l’accouchement.
Ce pauvre plancher pelvien subit tout :

  • les modifications hormonales,
  • les surpressions abdominales liées à la grossesse et aux efforts quotidiens,
  • les distensions tissulaires de l’accouchement,
  • l’alourdissement des contraintes de charges quotidiennes jusqu’à l’autonomie de la marche de l’enfant,
  • la reprise des activités physiques préexistant à la maternité.

D’une région qui, secrète et mystérieuse est, la plupart du temps, à éduquer plutôt qu’a rééduquer…

Il est convenu qu’après un premier accouchement, statistiquement reconnu comme facteur de risque périnéal numéro 1, on fasse un bilan périnéal.

Quels risques ? Tous ceux qui découlent de l’altération de la fonction périnéale, touchant le bas appareil urinaire et anorectal, la statique penvienne, la sexualité, et leur retentissement sur la qualité de vie.
Ce bilan se doit d’être en partie objectif, et en partie subjectif.

Objectif, comme toute partie du corps qui doit répondre à une physiologie. Celle du plancher pelvien est plurifactorielle : «absorbeur de chocs», soumis à la gravitation et aux contraintes du quotidien banal : port de charges, toux éternuements…, défenseur des continences, lieu de sexualité.

Subjectif, comme toute partie du corps « appartient » en propre à chacun. A chaque femme, son périnée et à chaque périnée son rôle propre.
Et là, on est dans un fonctionnel « haute couture », sur mesure.
Chaque femme est supposée avoir et retrouver, si c’est possible, le périnée qui convient à ses activités. Comme un grand sportif !

Un bilan périnéal doit faire le point du passé, du présent et du futur périnéal.

Le passé, c’est ce qui a pu l’altérer, le présent c’est l’état des lieux, l’évaluation besoins/solutions, le futur c’est l’adaptation aux besoins de chacune.

La rééducation est l’outil pour y parvenir.

C’est pourquoi, de la même façon que pour n’importe quelle autre partie du corps, après toute atteinte probable du plancher pelvien, dont la grossesse et l’accouchement, par voie vaginale ou par césarienne, un bilan pelvipérinéal doit être fait.

C’est l’évaluation des séquelles s’il y en a, l’évaluation de la réparation s’il y en a une à mettre en place, et les moyens à utiliser.

En somme, quelle rééducation ? pour quelle femme ? Dans quel but ?

Date de mise à jour : 19/04/2017

 
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